Blog du groupe de soutien solidaire sur le gaz de schiste de la haute vallée de l'Hérault Valleraugue Aigoual
Le principe même de la fracturation hydraulique est d'injecter de l'eau sous très haute pression. Cette pression doit être très supérieure à la pression au niveau des couches à gaz de schiste (pression lithostatique) afin de fissurer la roche.
La différence de pression entre l’intérieur du tubage et les terrains traversés (par exemple une nappe phréatique) peut être énorme lors des tirs de fracturation (cf. exemple ci-dessous).
La moindre fuite dans le tubage du puits ou dans son enveloppe de cimentation et des quantités d'eau non négligeables, chargées d’additifs, se disperseront irréversiblement dans les niveaux environnants, avec tous les risques de pollutions des nappes phréatiques plus ou moins profondes que cela entrainerait.
L’illustration montre les potentialités de migration du gaz à travers et le long du tubage.
Exemple de différentiel de pression calculé par Pierre Thomas du laboratoire de Géologie de Lyon / ENS Lyon (unités Pascal convertie en Bar par nous-même pour une facilité de compréhension des non spécialistes) :
Dans le cas d’un forage à 3000 m de profondeur, la surpression fournie par le compresseur devra être très supérieure à 600 bar pour opérer la fracturation de la roche.
À 1000 m de profondeur, dans le tube de forage, la pression interne sera supérieure à 700 bar (la pression communiquée par le compresseur –supposé en surface- augmentée de la pression des 1000 m d'eau de forage), alors que la pression lithostatique ne sera que de 300 bar à l'extérieur du tube. Un formidable écart de pression de 400 bar entre l’intérieur du tubage et l’extérieur !