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  • : Gaz de schiste Valleraugue-Aigoual
  • : Blog du groupe de soutien solidaire sur le gaz de schiste de la haute vallée de l'Hérault Valleraugue Aigoual
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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 19:29

dish-texas2La technique utilisée pour exploiter le gaz de schiste (forages horizontaux et fracturation hydraulique) ne permet d'extraire le gaz que sur quelques km2 autour d'un puits. Aux Etats-Unis, pour des raisons d'occupation effective des zones de gisements et une réglementation laxiste, des territoires de plusieurs milliers d'hectares sont devenus des "champs" de derricks espacés de quelques centaines de mètres seulement facilitant l'exploitation des gisements.

L'image satellite ci-contre montre un tel paysage autour de la ville de Dish au Texas. Vous pouvez aller voir d'autres paysages de ce type et y voyager avec Google Earth en allant dans le dossier Photos/Images.

 

techniques-d-optimisation-des-puitsDes techniques plus sophistiquées de forages horizontaux permettraient peut-être cluster etoile totalun maillage un peu plus large. On parle de forages par cluster, c'est à dire que, à partir d'un même puits de forage, on va souterrainement forer horizontalement (ou sub-horizontalement) dans plusieurs directions. Les puits peuvent prendre la "forme" de fourchette ou d'étoile comme le montrent les deux images ci-contre.

 

Mais la technique, aussi sophistiquée soit-elle, n'est pas sans limites. Et les distances atteintes ne dépassent guère les 500 à 1000 mètres sur le plan horizontal. Ce qui oblige quand même à avoir des puits à des distances de 1 à 2 km maximum. D'autre part, compte tenu de la complexité structurale des couches géologiques de notre région, plissées, chevauchées, faillées, souvent fortement inclinées ou renversées, il semble que les techniques par cluster ne puissent offrir tous leurs avantages.

 

Il faudra donc s'attendre à un mitage sérieux des paysages par les plateformes de forage. Auxquelles il faut ajouter les infrastructures nécessaires pour le camionnage des matériels et matières nécessaires aux forages mais également à l'évacuation du gaz pendant les années de production : routes, pistes et gazoducs !

 

Sources des illustrations :

Image 1 : Google Earth

Image 2 :  Energies nouvelles

Image 3 : Total Venezula, projet PetroCedeno

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 18:21

coupe géol BLOLa géomorphologie de notre région est très complexe. Le sous sol est affecté par de très nombreux "accidents" de structure tels que des failles, des diaclases, des factures diverses résultant de la surrection récente du massif pyréneo-alpin. A titre d'exemple, la coupe ci-contre montre la complexité du sous sol entre Saint-Hyppolite-du-Fort et le cap d'Agde. Les gisements de gaz de schiste sont supposés dans les niveaux marqués Lm (Lias marneux) et éventuellement T (Trias).

Dans un tel contexte géologique, il sera très difficile de maîtriser la direction et la longueur des fracturations hydrauliques.

Un tir de fracturation peut provoquer des fissures qui sortent de la couche imperméable du gisement de gaz de schiste, ou rejoigne inopinément une faille ou zone de fracture pré-existantes.

Alors, d'énormes quantités d'eau polluée par les additifs se disperseront irréversiblement dans les roches environnantes, avec les risques de pollutions des couches avoisinantes à long terme.

Après les phases de mise en production par la fracturation, du gaz pourra également s'échapper des roches magasins et rejoindre d'autres couches, des nappes phréatiques voisines ou plus au-dessus, en migrant lentement vers la surface suivant des chemins de failles.

coupe causses revuePNCDans le cas des Causses, les couches géologiques supposées contenir le gaz dit de schiste sont justes au dessous des calcaires et dolomies qui renferment de très grandes réserves d'eau (grottes et réseaux karstiques). Ces réservoires naturels alimentent non seulement les villages caussenards et des avant causses mais, aussi, une partie des cours d'eau et des villes au sud des causses. L'image ci-contre montre la vulnérabilité de la situation dans les causses. Sur la figure, les niveaux où le gaz de schiste est recherché sont dans les argiles et marnes du Jurassique inférieur (le Lias).

 

Sources des illustrations :

Image 1 : Coupe interprétatative à travers le Bas-Languedoc oriental (d'après Arthaud et Laurent, 1995) in Carte géologique de la France à 1/250 000, feuille Montpellier, notice explicative, fig. 31.

Image 2 : Roches, géologie et paysages du parc national des Cévennes, Revue du PNC n° 23-24, 1985, p. 25.

 

Vous pouvez voir une illustration dans la vidéo ci-dessous (risque n°2 vers 6 min 30)

 


 
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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 18:00

Potentialité de fuitesLe principe même de la fracturation hydraulique est d'injecter de l'eau sous très haute pression. Cette pression doit être très supérieure à la pression au niveau des couches à gaz de schiste (pression lithostatique) afin de fissurer la roche.

La différence de pression entre l’intérieur du tubage et les terrains traversés (par exemple une nappe phréatique) peut être énorme lors des tirs de fracturation (cf. exemple ci-dessous).

La moindre fuite dans le tubage du puits ou dans son enveloppe de cimentation et des quantités d'eau non négligeables, chargées d’additifs, se disperseront irréversiblement dans les niveaux environnants, avec tous les risques de pollutions des nappes phréatiques plus ou moins profondes que cela entrainerait.

L’illustration montre les potentialités de migration du gaz à travers et le long du tubage.

 

Exemple de différentiel de pression calculé par Pierre Thomas du laboratoire de Géologie de Lyon / ENS Lyon (unités Pascal convertie en Bar par nous-même pour une facilité de compréhension des non spécialistes) :

Dans le cas d’un forage à 3000 m de profondeur, la surpression fournie par le compresseur devra être très supérieure à 600 bar pour opérer la fracturation de la roche.

À 1000 m de profondeur, dans le tube de forage, la pression interne sera supérieure à 700 bar (la pression communiquée par le compresseur –supposé en surface- augmentée de la pression des 1000 m d'eau de forage), alors que la pression lithostatique ne sera que de 300 bar à l'extérieur du tube. Un formidable écart de pression de 400 bar entre l’intérieur du tubage et l’extérieur !

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 17:23

Les perturbations/pollutions inévitables et « potentielles » des écosystèmes superficiels (par P. Thomas, géologue ENS Lyon)

"Pendant la période de forage et de fracturation hydraulique, d'énormes quantités d'eau sont utilisées (on cite classiquement les chiffres de 10 000 à 15 000 m3 par forage). Cette eau devra être prélevée sur les ressources locales (parfois rares, comme sur les Causses par exemple, ou sur le plateau ardéchois) ou amenée par camions citernes. Cette eau est injectée dans le forage, en ressort, est débarrassée de ses boues et particules (d'où la nécessité de bassins de décantation), puis ré-injectée, et ainsi de suite. Cette eau contient des additifs dont la composition est tenue secrète par les compagnies, mais qui sont très polluants.

D'autre part, tous les « black shales » contiennent naturellement des métaux lourds, donc du cadmium et de l'uranium. Ceci est dû à l'affinité de ces métaux pour les molécules organiques. Les sources naturelles qui sortent de ces niveaux contiennent ces métaux lourds. Mais ces sources sont rares (niveaux imperméables) et ont lessivé leurs conduits au cours des temps géologiques. Les métaux lourds « naturellement présents » ne sont pas un problème majeur d'environnement. Ce problème est pourtant un danger réel, indépendamment des gaz de schistes. Voici un exemple. L'exploitation d'une mine de zinc dans le bassin de Decazeville a laissé d'immenses terrils (particulièrement enrichis en métaux lourds il est vrai), terrils à l'air libre. Les eaux de lessivage de ces terrils, enrichies en cadmium, arrivent dans le Riou-Mort, la rivière locale, sont collectées par le Lot puis la Garonne et, finalement, le polluant se retrouve dans la Gironde. C'est dans les huîtres sauvages de la Gironde que la teneur en cadmium est la plus élevée de tout le littoral atlantique français (50 à 100 µg par gramme de chair sèche, données du Réseau national d'observation de la qualité du milieu marin). La récolte de ces huîtres y est désormais interdite. Les milliers de m3 d'eau de forage et de fracturation de chacun des dizaines et dizaines de forages risquent de contenir des métaux lourds. Des analyses en continu seront nécessaires. En cas de teneur significative, leur dépollution sera très coûteuse.

En fin de forage et de fracturation, des milliers de m3 d'eau polluée (par les additifs et éventuellement les métaux lourds) présents dans le puits et les bassins de décantation devront être traités et dépollués. Si le traitement est insuffisant (ou si il y a des fuites, des accidents…), cela risque de créer des pollutions, à cause des additifs, et aussi des éventuels métaux lourds, comme pour la pollution citée ci-dessus."

Source : Extrait d'un article de Pierre Thomas, Laboratoire de Géologie de Lyon / ENS Lyon, publié par Olivier Dequincey sur EducScol ENS Lyon.

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 20:07

L’extraction des gaz de schistes n’est pas sans danger pour l’environnement et les paysages.

 

Aux E. U., où ce type d’exploitation existe depuis une dizaine d’années, on observe de très nombreux cas de pollution des cours d’eau, des nappes phréatiques et de l’air.

 

De récentes investigations très approfondies montrent une élévation très notable de la radioactivité autour de certains puits de forage.

 

Des habitants sont contraints d’abandonner leur maison, leurs champs et leur bétail.

 

Le paysage est miné par des milliers de forages espacés de quelques centaines de mètres.

 

Voir dans le dossier carte, les images de sites d'extraction aux E. U. , parsemés d'aires de forage distantes de quelques centaines de mètres et ce sur plusieurs milliers d'hectares.

 

Prochainement de plus amples informations sur ce dossier.

Merci de votre patience.

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